Les Bêtes à Plumes asbl

Les Bêtes à Plumes asbl

Le 13 du mois de mars 2014

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Lyndia Bastin

http://ecrivains-vervietois.blog4ever.com/bastin-lyndia

Attention ! Ne vous fiez pas à son sourire et à ses grands yeux pétillants.

L'extrait de son roman "La Vesdre meurtrière" que nous propose Lyndia n'est pas pour les âmes sensibles...

Tous les 25 du mois, un serial killer, qui se fait appeler Joker, téléphone au commissaire Sean Vergos pour lui indiquer le lieu où il trouvera sa victime. Il s'agit toujours de jeunes femmes qu'il a séduites via des sites de rencontre sur Internet et qui sont violemment torturées avant d'être tuées.
Le commissaire Vergos est peut-être trop émotif et colérique pour s'en sortir tout seul mais il a à ses côtés le brillant inspecteur Grégory Hellas qui, lui, garde toute sa lucidité...

Un roman policier à plusieurs voix, avec en arrière-fond Verviers et ses alentours.

Extrait du chapitre 15

 

Joker

 

Il se sentait bien,magnifiquement bien ! Cela faisait deux jours déjà qu’il préparait le cadeau du vieux con. Il devait juste la faire vivre jusque demain et puis, le paroxysme...

Il éclata de rire.Un rire machiavélique.

Ce fut vraiment facile, les doigts dans le nez. Une fois arrivé à la petite maison de campagne qu ’il savait inhabitée et qui était bien cachée des regards curieux, il avait porté une Chloé tout endormie à l’intérieur, l’avait déshabillée entièrement, ne pouvant retenir une expression de dégoût devant le corps maigre et les seins inexistants. Il détestait la maigreur. Autant faire l ’amour à une poupée en bois !

Exactement comme dans la courte scène qu’elle avait imaginée, il l ’avait attachée avec des fers sur un lit. Ce qui était génial, c’est que ce lit était en fer forgé. Avec des barreaux...

Puis, il avait branché la centrale. Il avait dû l ’acheter. Pas dans les environs de Verviers bien sûr, il fallait qu ’il soit prudent, mais au Maxi GB d’Eupen. Il était presque certain de n'y avoir croisé personne de connu.

Pendant que la centrale chauffait, il avait lancé son CD préféré :Beethoven, la 7 ème symphonie. Cela lui procurait un plaisir décuplé.Ensuite, il avait préparé le plateau avec ciseaux et pince, papier absorbant au cas où un léger imprévu arrivait. Terre, il avait étendu un morceau de bâche en plastique transparent afin d ’y déposer les morceaux de peau qu’il allait brûler, découper et arracher à la grosse dinde.

Puis, une fois que tout fut prêt, avait testé le fer en le tenant devant lui.

Un jet puissant de vapeur avait fusé de l ’instrument qui servirait à la torture.

Il se souvenait de sa joie intense en constatant la facilité d ’emploi de sa nouvelle arme.

Il avait alors approché le fer plein de vapeur de la cheville de Chloé qui dormait toujours paisiblement, en regardant comment elle réagissait.

Elle avait gémi, tenté de bouger, mais ne s ’était pas réveillée. Il avait alors recommencé, cette fois en posant le fer brûlant sur la cheville de la fille. Elle avait violemment sursauté puis, émergeant sans doute d ’un rêve idiot, s'était déformé d'une peur panique.Elle avait hurlé.

C ’était ce qu ’il attendait le plus.Ce qui le rendait fou de joie.Les images de peur, de douleur sur les visages.

La dinde l’avait alors aperçu à côté d ’elle, à hauteur de sa cuisse, avec le fer en main.

C’était incroyable la sensation

ressentie quand elle avait bien compris qu’elle était dans sa propre scène de crime imaginée. Lui, il était comme un petit garçon qui a gagné un gros lot tant attendu.

Il avait d ’abord patienté quelques secondes, le temps que son regard s ’accroche bien au sien, et sans quitter son visage des yeux, il avait posé le fer sur la cuisse de Chloé en mettant la vapeur.

Il avait dû reculer un peu car l ’odeur de la chair brûlée lui donnait la nausée. Mais là, son bonheur fut de courte durée : cette pauvre nouille avait hurlé puis s ’était évanouie.

 

Chloé

 

Chloé émergea d ’un état comateux. Elle n’était plus qu’une torche de douleur. L’inconscience lui laissait un peu de répit, mais cela ne durait jamais assez longtemps.

Elle aurait voulu mourir. Ne plus souffrir.

Elle entendit une voiture se rapprocher. Elle se mit à pleurer doucement.Elle savait qu’elle allait encore être le jouet de ce malade.

Ça va,Miss ?

Il avait l’air d ’excellente humeur. Peut-être allait-il la laisser tranquille aujourd’hui. Mais elle perdit tout espoir quand il mit sa musique si angoissante. Puis, il se tourna vers la centrale et la brancha. Chloé ne put retenir un gémissement.

Nous sommes le 25. C ’est un superbe jour pour mourir.

Il éclata de rire. Ce rire qui glaçait le sang de Chloé.

Il avait dit que c’était un superbe jour pour mourir.

Bientôt, elle ne souffrirait plus.Une angoisse terrible lui vrilla soudain le ventre.Combien de temps de torture avant qu ’elle ne pousse son dernier soupir ? Elle regarda l ’horloge juste en face d ’elle : 9 heures.

Le fou se mit à chanter. En anglais. Elle ne comprenait pas mais c’était plutôt lugubre. Il s’approcha enfin d ’elle :

Tu as quelque chose à me dire avant que je commence ?

Elle fut surprise de sa question, mais elle réagit aussitôt :

Oui... S ’il vous plaît,finissez vite votre travail.

Il se contenta juste de sourire... Comme s’il avait deviné la question qu’elle lui poserait...Il avait l’air d ’avoir l’habitude... Elle sentit de nouveau la terreur céder la place aux questions quand elle le vit avancer vers elle, un rictus aux lèvres, les yeux illuminés d ’un fou avec son arme de torture en main actionnant la vapeur à hauteur de son visage...

Elle hurla quand le fer se posa brûlant sur son sein droit.

Elle crut qu ’elle allait mourir. La douleur atroce remonta jusquà son cerveau.

Elle ne vit plus que rouge. Puis du gris.

Elle l ’entendit à peine dans le brouillard de douleur :

Non, non, tu ne mourras pas maintenant. Tu attendras bien encore un peu. Je viens juste de commencer, ma belle.

Et de nouveau ce rire.

Elle n ’en pouvait plus.

Plus qu’un moment à patienter pour que la délivre la mort.

Un moment si long.

Elle vit qu’il se penchait sur elle pour vérifier si elle était consciente.

Elle n ’avait plus la force de réagir.

Elle le regarda droit dans les yeux.

Il soutint son regard.

Adieu ma beauté.

Chloé ne hurla même pas quand il posa le fer au maximum sur l ’autre sein. Elle se sentit partir.

La mort la soulagea sur le champ.

Couv Vesdre meurtrière.JPG



18/03/2014
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